Marivani : une leçon d’audace, d’espoir et d’intelligence

Marivani
Rien ne prédestinait Marivani à s’expatrier en France encore moins à se frayer une carrière dans la restauration. Née à Rio de Janeiro en 1964, elle monte, dès l’âge de 18 ans, sa première entreprise de confection. Peu de temps après, elle rachète une autre de mécanique automobile et les deux affaires marchent à merveille. C’est ainsi qu’elle rencontre son premier mari expatrié en Brésil pour Leroy Michelin. Deux après, son mandat arrive à terme et Marivani le rejoint en 1990 à Clermont-Ferrand  avec leur fils Junior. Commence alors un long parcours fait de combat, de prise de risque et surtout de réussite.

Les deux premières années étaient synonymes de souffrance et de déracinement pour la jeune femme. La famille lui manque et son problème de langue l’empêche de s’intégrer et penser à autre chose qu’à ces milliers de kilomètres qui la séparent de son pays. Marivani enchaîne alors les cours intensifs de français.
En 1992, son mari quitte son entreprise et le couple s’installe à Lille. Un nouveau changement pour la Brésilienne qui doit encore s’éloigner du beau temps méditerranéen pour composer avec la grisaille du Nord. Mais la chaleur de la ville finit par tout compenser: « j’ai rencontré des gens de plusieurs nationalités dont des Brésiliens. C’est surprenant ce métissage à Lille. L’intégration était plus facile pour moi ».
Marivani enchaîne les formations, regarde beaucoup la télé pour s’imprégner du pays. En parallèle, elle travaille comme nourrice, dans la couture et puis dans des restaurants comme serveuse.
En 2002, elle renoue avec sa passion de chef d’entreprise. L’idée lui vient quand elle invite un groupe d’amis à la maison. Ils sont excités et lui demandent de leur préparer des plats brésiliens. « ça m’a stressée parce que je ne savais pas cuisiner !  Et c’est là que j’ai pensé à créer un restaurant brésilien ». Elle acquiert alors  avec son mari une ancienne salle de jeu à Loos qui deviendra O’Brésil. « J’ai dévoré les livres de cuisine. 90% de mes connaissances culinaires, je les ai acquises en France ».
Quelques années après, Marivani divorce et se retrouve encore une fois serveuse auprès d’une chaîne de restauration. La jeune femme fait ses preuves et est promue quelques mois après responsable puis manager du restaurant de la chaîne à Roubaix : « J’ai réussi à faire 60 couverts au lieu des 20 habituels » lance-telle avec fierté.
Motivée par sa réussite et la confiance de sa hiérarchie, elle propose de prendre aussi les rênes du restaurant de Lomme quand elle apprend qu’il déposera bientôt le bilan. La direction est sceptique mais la laisse tenter sa chance. Et le succès est encore une fois au rendez-vous : la boîte moribonde finit par remonter la pente.
Elle démissionne toutefois en 2004 lorsque son entreprise change de patron.
Marivani connaît une nouvelle fois le chômage mais y fait face : « Je ne peux pas vivre sans travailler. J’ai vendu Avon, des produits du terroir, des bonbons belges pour une société dont j’étais l’une des premières vendeuses alors que je parlais mal français ».
 Elle repère alors le  rez-de-chaussée d’un immeuble au Fâches Thuménil qui deviendra « Brazil », son nouveau restaurant de spécialités brésiliennes : « Je n’avais pas un seul sou pour acquérir le local et ma part du divorce tardait à venir. J’ai alors présenté le projet avec un cv  à mon banquier qui a acquiescé d’emblée. Il m’a dit « notre garantie c’est votre expérience ». J’ai encore foncé et fini par acheter tout l’immeuble », raconte la jeune entrepreneuse.  
Le restaurant ouvre et se fait une bonne clientèle que Marivani fidélise par ses plats qu’elle concocte elle-même mais aussi par le spectacle de danse qu’elle organise le samedi et qui plonge ses spectateurs dans l’ambiance du carnaval de Rio ! 
Sauf que quand on a plusieurs cordes à son arc, on ne se contente pas d’une seule réussite. Marivani travaille également pour une société brésilienne de cosmétiques et encadre 45 vendeuses dans le Nord dont certaines sont des cadres.
Et ce n’est pas tout, la restauratrice créée avec son compagnon une association culturelle qui promeut le Brésil et anime des conférences sur la vie économique et politique du pays.
Et des idées elle on a chaque jour. Actuellement, elle pense monter une chaîne de restaurants, cette fois-ci ch’tis et à Rio de Janeiro ! « Je compter m’installer définitivement au Brésil et je suis sûre que mon projet marchera».  Bon vent !


Le petit questionnaire 

Si vous étiez un plat, lequel seriez-vous ?
Le Feijoada. C’est un plat très populaire au Brésil, à base de haricots noirs, de riz et de viande de porc.

Votre plat ch’ti favori?
Les moules frites.

Votre endroit préféré dans le Nord ?
Quesnoy-sur-Deûle, ma ville de résidence. J’apprécie son calme.

Vos meilleurs loisirs ?
Les sorties en famille.

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