Irène Gobrane Bacquet : la réussite par le mérite

Irène Gobrane Bacquet
Après des études au Caire et aux Pays Bas, Irène est ingénieure en photogrammétrie et télédétection.
En 2003, elle rencontre des Français en Égypte qui lui proposent d’intégrer un master dans sa spécialité. Elle dépose alors son dossier auprès d’un bureau consulaire du Caire, qui ne cache pas sa stupéfaction. Jamais un étranger ne s’est présenté à cette formation, lui dit-on. On se renseigne alors quant à la recevabilité de sa candidature et  constate que rien ne l’interdit dans la loi. Elle est alors convoquée pour le concours. 180 candidats sont en lice et seulement 5 places à pourvoir. Quelques semaines après, les résultats sont affichées : la jeune Égyptienne est admise pour le cursus 2003-2004.


Irène décroche son master en mondialisation des bases de données et programmation »et s’apprête à regagner Égypte : « J’ai compris qu’on était dans un contexte de crise économique et que je n’arriverais jamais à décrocher un emploi ici. Même les Français peinent à en trouver », souligne-elle.
Pendant son stage de fin d’étude, elle reçoit une proposition d’embauche  d’Aerodata, une entreprise spécialisée dans l'acquisition et la production de données cartographiques par moyens aéroportés. La jeune ingénieure ne laisse pas échapper la belle opportunité et intègre le siège de la compagnie à Lille entant que responsable production. Un poste qu’elle qualifie d'épanouissant : « Je bénéficie régulièrement de formations ce qui me fait évoluer dans mon métier. Dans mon pays, j’aurais stagné au bout de quelques années de service. En plus, mes collègues sont sympathiques. Je n’ai jamais constaté de comportement raciste ou déplacé », explique Irène.

Bribes de souvenirs
L’expérience de l’expatriation n’est pas toujours facile. Irène se rappelle d’une anecdote de son installation en Hexagone : « Ce qui m’a d’abord choquée c’est le niveau de vie. Je me rappelle la première fois où je faisais mes courses. J’ai sursauté quand j’ai découvert le prix de 4 euros sur 3 tomates alors que le kilo chez nous ne dépasse pas les 30 centimes. Je me disais que je ne mangerais plus de tomates ! Autre chose qui m’interpelle ici c’est que les femmes travaillent beaucoup : elles font le ménage, le repassage, etc. alors qu’en Égypte, une femme active fait appel à une domestique ».
Irène se dit malgré tout heureuse de sa vie à Lille. Ce qui lui manque par contre c’est la famille : « La vie sociale est très forte dans mon pays mais c’est un peu normal : les gens travaillent moins » ! La jeune Cairote se sentira un peu plus entourée dans quelques mois, quand son bébé viendra au monde…


Le petit questionnaire

Votre endroit préféré à Lille ?
Grand Place, surtout le soir. Je trouve ce lieu très vivant et sympathique.

Votre plat favori du Nord ?

J’aime les fromages et les vins de cette région.

Le personnage qui vous a marquée ?
Martine Aubry. Je la trouve modeste. Le jour où j’ai acquis ma nationalité, elle est venue vers moi pour me féliciter. Un personnage de cette envergue en Égypte aurait été encerclé de garde-corps et inaccessible au public.
Mon mari Alain m’a beaucoup marquée aussi par son ouverture d’esprit et son grand cœur. Notre union, malgré les différences culturelles, en est la preuve.

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